dimanche 6 mai 2012

Poïésis 1 – Ouvrir nos fenêtres pour ne plus vomir


Eh bien, vous voyez, ces « messieurs » réussissent à faire en sorte que même un homme intelligent et honnête, tel que je crois encore l’être…, en vienne à accepter cette situation, à la ressentir comme normale !... naturelle !... Voilà où nous en sommes !... C’est répugnant !... N’y a-t-il pas de quoi vomir ?

Václav Havel



Photographie : Voter 1, par Xavier Lainé (tous droits réservés)
Il nous fallait déguster ces heures d’incertitude. Mais qu’importe en régime qui ne dit pas ce qu’il est ?

Mais de quelle incertitude parler, puisqu’il serait vain de croire que le remplacement d’un homme par un autre changerait quelque chose à l’organisation d’un Etat, voire de la société.

Il n’y eut jamais de joli mois de mai sans qu’un peuple se mette à en semer les fleurs, à s’offrir un bouquet de rêves, sans attendre l’aide de quiconque.

Que dire du bouquet d’un droit syndical, arraché de haute mort, des congés payés, si chèrement payé de l’un des mouvements sociaux le plus vaste que l’histoire ait connu.

Ainsi parfois, il fut possible d’arracher quelques miettes aux partisans de la richesse et du fatal.

Il y eut encore cette poignée de téméraires, capables de se réunir au nez et à la barbe de l’occupant pour concocter un programme dont nous n’avons pas fini d’explorer la modernité.

En toute logique, les possédants et leurs représentants au pouvoir n’ont jamais vu d’un bon œil l’irruption sur la scène politique, de ce peuple qu’ils ont toujours imaginé inculte et incapable.

C’est donc bien qu’ils nous désignent le terrain à conquérir, si nous voulons vraiment voir leur échapper ce qu’ils utilisent comme moyen d’oppression : une conception de l’économie dont les lois seraient aussi naturelles que celles de la gravité, la suprématie sur l’école, la recherche et la diffusion de l’information.

Car de peurs en peurs, la stratégie fut établie de longue date afin d’assommer toute velléité de révolte.

On multiplie les informations négatives, on ne laisse jamais souffler, on gonfle les instincts les plus bestiaux, on monte en exergue le crime, on montre du doigt les responsables supposés : toujours cet autre qui ne pense pas comme moi, qui n’a pas la même couleur de peau, ne croit pas au même dieu, celui qui n’accepte pas de se plier, comme celui ou celle qui ne vit pas selon les canons de la mode.

Ils ont eu si souvent peur qu’il leur faut la répandre. C’est elle qui devient leur arme. C’est donc elle qu’il nous faut combattre pied à pied, pour ne rien céder à leurs sirènes désespérantes.

Force est de voir que trop souvent nous nous sommes laissé aller à ne pas réagir. Et cette absence de réaction fut un signal pour nos oppresseurs qu’ils pourraient triompher.

Laissons les y croire encore un peu, et œuvrons en coulisse à nous réveiller de nos torpeurs.

XL

6 mai 2012 – 15h30

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