dimanche 6 mai 2012

Poïésis 3 – Voter, et puis après ?


La démocratie est le peuple avec toutes ses potentialités et sa force. Le bulletin de vote et un appareil électoral ne signifient pas, par eux-mêmes, qu’il existe une démocratie. Ceux qui organisent des élections de temps à autre, et ne se préoccupent du peuple qu’avant chaque acte électoral, n’ont pas un système réellement démocratique.
Thomas Sankara



Photographie : Voter 3, par Xavier Lainé (tous droits réservés)
J’écris pour tromper le temps, pour tenter de réunir des pensées qui, au fil des heures tendent à se disperser.
Me vient en mémoire ce jour de 1981, et cette fébrilité qui avait envahi les trottoirs et les rues de Paris. Nous rêvions d’aller occuper la place de la Bastille, portant à bout de bras nos banderoles revendicatives. Nous ne trouvâmes personne pour nous aider dans notre quête.
Nous y étions quand même, et puis aussi au Panthéon. Nous ne pouvions deviner que les urnes ne feraient pas tout. On nous avait tant dit qu’il suffisait de changer une tête pour que le pays respire !
Il a respiré, mais pas longtemps. Et je fus de cette jeunesse qui y croyait. Je démarrais dans mon métier, me suis engagé comme un enragé. Il fallait à tout prix utiliser les leviers du changement pour les faire passer dans les actes.
Sauf que nul n’était en mesure de se connaître utile. En serait-il de même aujourd’hui ?
Pourrions-nous être certains, compte tenu du matraquage continu depuis cinq années, de ne pas nous faire voler cet embryon de victoire que serait l’éviction du triste président en place ?
Les urnes n’ont pas encore parlé. Ici, elles ont fini de se remplir. Et déjà on se bouscule autour des tables ou les enveloppes sont ouvertes à doigts tremblants d’émotion, car on sait détenir là, un pan de l’histoire. L’enjeu dépasse même notre pays, le mesurons-nous bien ?
Sans doute, intuitivement, est-ce une question présente dans les esprits, puisqu’à cette heure, nos concitoyens se sont fortement mobilisés.
Et ce sera cette intuition qu’il faudra confirmer pour qu’elle devienne une élévation de la conscience. Etre citoyen ne se limite pas au dépôt d’un bulletin. Mais l’organisation même de cette République n’est pas une incitation à participer, mais à déléguer ses pouvoirs.
Pour l’heure on attend que le secret de polichinelle soit éventé.
Car jusqu’à vingt heures, rien ne doit filtrer (il paraît). Encore une manière de faire de l’élection présidentielle un spectacle, comme tout ce qui relève de la culture.
Et c’est cette page qu’il va falloir tourner, avec une vision précise des freins que certains, cramponnés à leurs petits avantages, ne tarderont pas à serrer.
Pour l’heure, attendons, et, dans le frigo, contemplons la bouteille de champagne qui attend son heure.
XL
Dimanche 6 mai 2012 -19h10

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